10/10/2017

Discours de commémoration de la Révolution radicale de 1846

Chaque année sur la place de Saint-Gervais, le Parti Radical de Gauche commémore la Révolution fazyste.

 

Place St Gervais, Genève, 9 octobre 2017

 

Chères et chers amis,

Nous sommes les enfants d’une révolution.

Nous sommes les enfants d’une révolution populaire.

Nous sommes les enfants d’une révolution radicale de gauche !

Nous devons une grande part de nos libertés actuelles à cette révolution qui a fait entrer Genève dans l’ère moderne alors que l’Europe entière vivait ce que les historiens appellent « le printemps des peuples »

Ce sont ces avancées décisives, la république, la démocratie directe, le suffrage universel, la laïcité, l’instruction publique nos droits politiques etc. que nous commémorons ensemble ce soir.

Ces avancées décisives, nous les devons au peuple et notamment au peuple du quartier de St Gervais.

St Gervais était un quartier traditionnellement ouvrier et traditionnellement révolutionnaire.

C’est là qu’est né Jean-Jacques Rousseau, c’est de là que sont parties les émeutes ouvrières qui ont finalement mené à la réussite de la révolution radicale de 1846.

Les grèves des tailleurs de pierre et des serruriers en 1833 et 1834 et les émeutes sanglantes de novembre 1841 entraînent la création par James Fazy - le tribun révolutionnaire de l’époque - d’une « association du 3 mars » qui réclame sans discontinuer, mais sans grand succès, une refonte démocratique des institutions.

Ce n’est qu’après la prise d’arme victorieuse de 1846 et la promulgation de la Constitution de 1847 que l’ancien régime sera définitivement détruit.

Notre mouvement est l’héritier de ce passé illustre et c’est en son souvenir nous avons choisi de nous appeler aujourd’hui Parti Radical de Gauche…

À peine fondé et bien qu’encore fragile, une dynamique nouvelle s’est créée autour de ce Parti. Les médias font régulièrement écho de nos positions et de nos actions alors que nous ne comptons que 3 élus dans les parlements et 2 autres représentants dans les instances paraétatiques…

Cette dynamique d’ouverture s’est traduite l’été dernier par le lancement de  « la Liste pour Genève » qui présentera des candidates et des candidats en avril et mai 2018 aux élections cantonales et en 2020 aux élections municipales.

Autour du noyau formé par le Parti Radical de Gauche et par la Gauche, nous sommes en train de rassembler de nouvelles forces, des citoyennes et des citoyens qui ne se retrouvent pas dans les partis traditionnels car ces partis ont bien souvent renoncé à leurs idéaux d’origine ou sont englués dans une logique d’appareil et de promotion personnelle.

Nous ne voulons plus de la « politique politicienne » qui fait tant de mal à nos institutions et qui ouvre la voie aux pires démagogues. Car cette « politique politicienne » donne raison à celles et ceux qui pensent que la politique est pourrie et que toutes et tous les politiciens le sont aussi. N’oublions pas que c’est avec ce discours mensonger du « tous pourris » que les régimes les plus totalitaires ont commencé leur conquête du pouvoir.

Nous avons choisi la voie de la démocratie, nous voulons libérer la parole de celles et ceux qui en sont privés.

Notre programme d’action, notre orientation politique, nous sommes en train de les écrire et de les faire avancer chaque jour. Notre action se veut être un processus évolutif, pas une dogmatique figée.

Saint-Gervais, James Fazy, Genève, révolutionLa nouvelle révolution radicale de gauche ne peut être que démocratique et pacifique. Elle se construit jour après jour par chacune et chacun de nous.

Les élections approchent, il est temps de nous réveiller et de nous mettre en ordre de bataille. Car, si nous voulons changer de politique, il nous faut d’abord changer les politiciens.

Apporter du sang neuf, des visions nouvelles, une prise en compte de la réalité vécue par nos concitoyennes et nos concitoyens, trouver des solutions à ce qui semble aujourd’hui impossible, retrouver les valeurs de gauche : partage des richesses, plein emploi, dignité des travailleurs, arrêt de la gangrène qu’est la financiarisation, répartition équitable et redistribution juste de l’impôt, éducation accessible sans distinction de classes sociales, libertés individuelles, égalité des chances, etc.

C’est notre ambition, c’est notre chemin.

Nous n’en sommes qu’au début, il nous faut encore gravir la colline qui mène au parlement, nous savons que le chemin sera long et difficile, il est donc temps de nous mettre en route.

Aujourd’hui c’est le temps du souvenir, mais, n’oublions pas que c’est demain qu’il faut construire.

 

(Pierre Gauthier)